Né dans les sables d'Arabie, récupéré par les marins des ports du monde entier, évoquant à tout à chacun les bourlingueurs de haute mer et les embruns iodés des gros grains,
le caban est aujourd'hui autant l'appareil du marin breton que celui du plaisancier.
Ses déclinaisons sont infinies.
Embarquez, moussaillon, pour sa véritable histoire !

Logo Atelier du caban

 

Amusant : le premier mot cité dès que l’on évoque les vêtements de marins, c’est le caban. On pourrait dire vareuse, pompon, marinière ou encore ciré. Mais le caban s’impose.

Le plus célèbre des capitaines en caban

Le plus célèbre des marins en caban.

Le mot respire les embruns ; il pourrait aussi bien être venu d'un coup de sirocco. Les témoignages des plus grands spécialistes concordent sur un fait plutôt contre-intuitif : le caban vient des rivages du Sahel. Portée par les hommes du désert, les Touaregs, les Berbères, la longue capote de laine avec capuchon s’est embarquée sur les vaisseaux barbaresques après être descendue des "vaisseaux du désert" (les dromadaires). Elle a filé - toujours en laine-, vers l’Italie et l’Espagne et les nefs européennes.

Le nom de cet habit ? Aba, s’écrivant avec « ain » arabe qui, sachons-le, s’est maintes fois transformé en « g » ou en « c » sur les rivages européens. On connaît donc le premier « gaban » espagnol, « gabbano italien, gabào portugais, voire le gaüa basque. Tous ces mots possèdent une autre étymologie croisée – comme le caban : soit le gaba espagnol, qui signifie nuit, soit le caput latin, la tête.

Sachant cela, vous achèterez avec sérénité votre prochain caban Le Glazik, marque authentique qui fabrique depuis 1928 les vêtements marins bretons iconiques quand bien d'autres marques fabriquaient seulement des sous-vêtements ou des pulls. Vous saurez ce que vous portez, et à quoi il sert - et a servi. Car tout est toujours dans les mots. 

Les anglais nomment d’ailleurs le caban Reefer Jacket (veste de récifs, ou de ris – partie de la voile), ou Pea Jacket (du flamand Pij).

Les cabans devaient aussi être imperméables, par conséquent ils étaient en drap recouvert de goudron et de suif pour une plus grande étanchéité.... habitués du mal de mer s'abstenir...).

Voilà donc un habit qui a subi les doubles influences des marins méditerranéens, et de ceux des mers froides du Nord ou de la Manche. Un pur sang mêlé. Mais celui du Finistère restera pour nous le caban authentique -Tonnerre de Brest !

 

Caban marine

Histoire du Caban breton

Le caban marin breton a beaucoup voyagé

 

A ne pas confondre avec le kabig – version bretonne du duffle-coat – autrefois utilisé par les pêcheurs de grève, doté de boutons (pardon de cabillots) en bois avec brandebourgs.

En outre, les matelots bretons affublent parfois leur caban du nom de Noroît, en référence à la protection qu’il offre contre les vents de nord-ouest régnant en mer de Bretagne. On sait donc, et c’est appréciable, que le caban fut porté partout et toujours, ce qui est la moindre des choses pour un habit de marins, une pièce du vestiaire breton, grands voyageurs de toute éternité.
L’armée l’a bien sûr adopté. C’est aujourd’hui le vêtement d’hiver des matelots de la Marine Nationale, pas des officiers. On le porte toujours par-dessus la vareuse. Cette grosse pièce de quart, toujours bleu marine, s’arrête à mi-cuisse, plus long ce ne serait pas le caban. L’administration le présente également dans ses collections, sous le code 4502, avec ses éternels boutons de fer laqué noir, gravés d’une ancre de marine.

Formation Marine Nationale

Le centre de formation de la Marine à Port Réan.

Bouton du caban

Pour finir avec cette revue de détail, ces boutons gravés sont l’élément le plus authentique du caban, alors que leur motif est purement décoratif. Or l’authentique, on le sait, est le fonctionnel. Il faut croire que cette décoration boutonnée est un signe de reconnaissance entre gens de mer. Pour le reste, et comme pour tous les survêtements, la mission du caban est de protéger. Mais, direz-vous toujours à l’affût, protéger de quoi ? Du froid, exclusivement ! Alors tout s’éclaire dans le bleu-nuit infini des océans. Il n’a pas à être compliqué, comme le trench-coat par exemple qui doit, lui, protéger de la pluie. Le caban séduit par sa simplicité. Par conséquent, par sa seule fonction réchauffante, le caban est linéaire : tout droit, ample, croisé, deux poches simples, pas d’épaulettes, pattes de serrage sous le col, sans fente dans le dos, jamais cintré puisqu’il recouvre.

En somme c’est le premier manteau endossé, à manches, introduit en Europe. Et son style  chic & intemporel ne s'est jamais démenti depuis. 

Enfin, direz-vous encore, vous parlez d’authentique, or nous apercevons sans loupe que le caban aligne une double rangée de boutons et de boutonnières. L’un de ces rangs est, forcément, inutile et seulement décoratif, c’est sûr!? Pas du tout vous répondront les marins ! Tout sert, rien ne se perd. La double rangée ? Elle permet au marin de boutonner son caban d’un côté et de l’autre, dans le sens contraire du vent : si vous voulez avoir chaud dans votre caban sur le pont de votre navire (ou autrefois dans les vergues), affrontant la tempête, c'est important !  Et ça c’est tout simplement authentique...